14 janvier 2015

Etre ou ne pas être Charlie...

Voilà une semaine que la France entière, et même le monde entier, ne parle que de Charlie. 
Comme tout le monde, j'ai été abasourdie, choquée, effrayée, révoltée, dégoutée...traumatisée (?)...
et puis, petit à petit ont fleuri ces affichettes. "Je suis Charlie". J'ai vu les statuts de la plupart de mes potes de Facebook arborer le même avatar. Et j'ai hésité. Suis je, moi aussi, Charlie? 

Mon côté psychorigide rigoureux m'empêchant de m'approprier une idée qui n'est pas mienne, j'ai réfléchi longuement à cette question: suis-je Charlie?

Si je considère que je ressens une profonde empathie pour ce qui est arrivé à ces pauvres gens, que je suis navrée autant que révoltée que des malades aient tué de sang froid des hommes et des femmes au nom d'une quelconque idéologie...alors oui, je suis Charlie;

D'un autre côté, je crois comprendre que ce qui révolte tant de gens, c'est que cette attaque est assimilée à une attaque contre la liberté d'expression. Nous serions donc tous Charlie car en s'attaquant à la liberté d'expression, les terroristes ont attaqué la république, et donc tout un chacun....
 Liberté d'expression...mais de quoi parle t-on?

Je cogite depuis 7 jours. A ce qu'est Charlie Hebdo. A ce que faisaient ces caricaturistes, ces journalistes, ces dessinateurs. Au bien, au mal. A l'humour. Je lis beaucoup de choses écrites par des gens très intelligents. Mais je me pose toujours autant de questions...

Peut-on rire de tout, de toutes les manières? Doit-on s'arrêter quand on fait du mal? Doit-on préserver cette liberté d'expression à n'importe quel prix? quitte à choquer? quitte à blesser? quitte à attiser les haines? quitte à se mettre en danger? Peut-on nier la portée des mots et des dessins? Peut-on dire tout à fait honnêtement qu'une image de prophète se faisant enculer empapaouter sauvagement, ce n'est jamais qu'un dessin d'un petit bonhomme rigolo? 

Je n'ai jamais lu Charlie Hebdo. Je n'ai jamais été sensible à cette forme d'humour. Je n'ai jamais compris qu'on ait besoin de choquer à ce point, pour faire passer des messages...En cela, je ne me sens pas "attaquée" comme ils ont attaqué Charlie. En cela je ne me sens pas capable de dire "je suis Charlie". 
Même si je comprends bien pourquoi tant de gens le disent. Même si je trouve ça vraiment beau que ces 3 mots rassemblent autant de gens sur la planète (même George Clooney!) 
Et même si comme chacun, je suis révoltée que des sanguinaires, avides d'une folle vengeance, aient pu commettre une ignominie pareille. 

Ces hommes, ces journalistes, ces caricaturistes,  avaient peut être mérité qu'on ne lise pas Charlie Hebdo, mais c'est tout...
Eux qui ont passé leur vie à susciter des réactions telles que la désapprobation ou l'indignation, peuvent se réjouir d'avoir provoqué un tel élan de fraternité et de solidarité. Eux qui ont tant divisé les gens, ont fini par rassembler tout le monde autour d'une même peine. Quelle ironie. 

Pourvu que ces évènements nous amènent à de vraies réflexions...

Avec tout ça, je n'ai toujours pas répondu à ma question...Suis-je Charlie??

Ben quoi...??



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